Marche, cours, tombe, noies toi puis meurs. On baisera sur ta tombe .

VI- Storm is not the greatest, Storm is not proud .

J'oublie, j'efface, je crie, brise, fracasse. Je suis qui, je suis
mon ombre. Je fuis qui, je fuis mon reflet. J'instruis quoi, j'instruis l'idée. Je sais quoi, je sais morfondre. Saccadé mon souffle est. Oublié mon passé, mes pensées. Je me réveille tandis que vous dormez, je m'endors tandis que votre réveil sonne. Je pleure de vous voir rire, je ris de vous voir pleurer. J'oppose l'opposition. Je substitue la substitution. Je cours tandis que vous marchez, vous marchez donc je vous fuis. Vous vous languissez tandis que je m'instruis et je m'instruis tandis que vous pourrissez. Je suis le monde, vous êtes des larves. Je suis quoi, qui, où, comment et pourquoi ? Je ne suis que votre image floutée par le miroir, et réciproquement vous reflétez ma véritable nature. Mange. Nourrie-toi de cette vie. Délecte toi et hume moi ça. Le défunt parfum sans fin d'un humain craint des saints incertains. Je plonge dans ce gouffre, je m'enfouis dans cette tombe. Parlez je m'éteindrai, mourrez je revivrai, sautez je volerai, foutez moi la paix. Je suis qui, je suis le monde. Je suis qui, je suis l'univers. Je suis qui, bon sang, je suis qui. Je suis la vie, je suis la mort, la haine, la crainte, la peur, ton sang, ta veine, ton artère, ton c½ur, l'air, l'ère, ton passé, ton futur, ton destin, ton voyage, ton désir, ton savoir, tes bagages, ta main, ton bras, ta chaire, ta fibre, ton os, ta moelle, je suis toi, lui, elle, eux, je suis la larme, je suis le crie, les pleures, l'herbe, la terre, le vent, le soleil, la pluie, le beau temps, je suis les mots, les maux, la destruction, l'église, l'état, le pouvoir, la manipulation, je suis le concret, l'abstrait, le détritus et son trésor... je suis tout, je suis rien, je suis moi. je suis la tempête ravagée par ces ch½urs qui meurtrissent mon c½ur. Cette animosité de cette Nuit qui sommeil en ce jour de cette nuit qui dors en plein jour de la nuit nuit nuit nuit NUIT. Je suis les voix qui te torturent. Je suis les voix même qui me torturent. J'ai crée tout cela, j'ai crée la vie, la mort et la guerre. Je suis le créateur et le destructeur. Je suis celui à qui on manque, et celui qui se fou des sociétés. Je suis celui qui se tait, pour ne pas t'entendre, je suis celui qui prie pour vous abolir, je suis celui qui construit pour vous molir, je suis celui qui péris. Parce que à vrai dire il n'est pas grand chose, ce petit homme qui grimpe les marches de ce long escalier. Il n'est pas plus que la fourmi. Il n'est pas vraiment. Il persiste, telle l'araignée qui gigote sous la semelle de votre chaussure. Mais vraiment, il ne vaut pas plus qu'une bataille. Il ne vaux pas plus qu'une paix. Il ne vaut pas assez pour toi. Il ne vaut pas la comparaison. Il ne mérite aucune de ces innombrables addictions réelles et crées. Il gigote sous ta semelle, il tente de soulager ses tords, on se débattant, il gigote encore et encore plaqué au sol, ses membres éparpillés, sa chaire éventrée. Il ne sait plus. Il ne croit plus. Il n'espère plus. Il attend vaguement une vague nouvelle de liberté. Il attend cette même vague qui lui livrera un bonheur nouveau. Qui est-il vraiment, que fait-il ici bas. Nul ne le sait. Il le sût. Il fût. Jadis... Quand la tempête toxique avait encore la force de donner un sens à sa vie. Et là il se réveille, et se rend compte qu'il ne dormait pas. Bonne nuit, tempête, peut-être existeras-tu dans mes profonds cauchemars... Moi, et moi. Moi. Qui ça ? Lui. Qui donc ? Le seul. L'unique. L'étrange. Moi. Lui. Toi. Nous. On ne sait qui. Mais surtout moi, je le craint... Moi...
L'inconnu des oubliés jardins anonymes.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 26 septembre 2009 19:34

Moi j'y crois. Malgré tout, j'y crois. Je suis un toxic stormeur. Alors je suis dans l'obligation d'y croire. A cette nuit pluvieuse.

Moi j'y crois. Malgré tout, j'y crois. Je suis un toxic stormeur. Alors je suis dans l'obligation d'y croire. A cette nuit pluvieuse.

I- Toxic Storm... ?
Il pleut. Cette épaisse pluie sombre déferle sur nos coeurs salis depuis, déjà, l'éphémère. Et pourtant, chaque jour, la pluie est pardonnée et se jette sur nous. Chaque jour est éphémère mais par cette pluie diluvienne qui sans cesse nous rattrape, tous les jours forment un seul éphémère. L'été nous a quitté, le ciel n'est plus bleu. Il pleut. Cette radioactivité qui ravive la tristesse de nos vies. Ces petites histoires qui nous paraissent pourtant loin derrière nous, mais leur promesse de nous attendre au tournant emplit la paresse de nos temps. Ces temps qui se dégradent. Il pleut. Cette bourrasque humidifie notre corps, mais notre coeur reste en sécheresse. Pleuvoir à Madeleine, c'est émouvoir une reine. Et lorsque le beau temps se presse et que la pluie nous laisse... Il pleut. Cette pluie qui se tarie dans nos âmes. Elle caresse notre intérieur et tresse notre extérieur. Ecrasés, nous suffoquons. Un manque de larmes des cieux qui nous étrangle sans pitié. Il pleut. Cette ivresse enivrante lorsque ces océans abandonnent les nuages pour devenir de petites flaques. Et la culpabilité du calme d'avant la tempête qui fut destructeur d'un coeur aimant la pluie avec passion et faiblesse. Soudain avec nos gouttelettes de pétrole, se mêlent haine, brume et amertume, auxquels s'accumulent les violences des mauvaises météos. Il pleut. Une tempête fait rage. Je m'envole très haut et vous aperçois, au-dessous de ces sinistres orages. Je voudrais vous sauver mais je suis devenu, moi aussi toxique. Et la tempête m'explique avec sagesse sa fureur et les préjugés que nous portons sur elle. Elle n'est pas là pour dévaster avec de brutaux sons et des coups de géants destructeurs. La tempête est là pour nous donner un nouveau départ. Si la tempête détruit, c'est pour que nous puissions reconstruire. Un courage qui sort du fond de la peur de la solitude. Il pleut. Il pleut toujours. La pluie est toxique. Et la tempête est comprise par l'humanité. Elle est la nouvelle ère. Elle est la révolution de vos coeurs sinistrés par ses propres ravages, reconstruits par son courage, mais tous, vous écoutez cette douce mélopée galopante en sautillant entre les fines goutelettes. Vous êtes la pluie. Elle est l'orage. Nous sommes la tempête. Et tous ensemble nous vaincrons nos propres ravages inscrits dans nos coeurs de glace. Tous, nous sommes des toxic storms. Car elles nous caractérisent. Ces vies soulevées par la seule force des vents qui sommeillent en nous. Nous sommes tous des toxic storms. Mais... Nous... on est " les " toxic storms. Car jamais vous ne comprendrez la portée de nos mots, de nos pensées, et de notre amour. La nuance d'un vent qui change les dégats causés. Il pleut. Il pleuvra éternellement, et il pleuvra fort, dans nos coeur, mais plus sans tendresse. Il pleut. Et ça ne s'arrêtera plus jamais. La reine est morte. Et les toxic storms attendent la princesse.

Un coeur brisé qui se bat, mémoires à la main, et qui commence à peine à apprécier le pure de la tempête toxique. Mon dieu que j'aime ça. Cette douleur sans fin. Qui chaque jour s'évanoui, pour n'être qu'une petite flaque de pollution dans mon coeur. "Inventer toute une vie pour ne plus jamais être moi". Oui. Je suis un Toxic Stormeur. Et plutôt que de vous laisser slider sur la tempête de mon coeur, je vais jouer avec vous, moi aussi. La force nous caractérise, nous, les Toxic Stormeurs. Je vais tout pêter.

# Posté le jeudi 16 avril 2009 18:34

Modifié le vendredi 19 juin 2009 02:42

Une ombre passe. On espère quelqu'un, mais ce n'est qu'une ombre. Mais à qui appartient-elle ?

Une ombre passe. On espère quelqu'un, mais ce n'est qu'une ombre. Mais à qui appartient-elle ?
II- Shining behind an umbrella...?

"Effrayé par ces ruelles, il parcourait le même destin que ses prédecesseurs."
Qui était cette ombre fambloyante qui errait sans but dans ces villes abandonnées, dévastées et oubliées des morts eux-même? Nul de le savait, jadis. Ce que nous savions tous, cependant, c'est qu'il était un grand homme. S'il fut humain... Il ne sortait que la nuit. Les espèces diurnes furent parfois contraintes d'assouvir leur curiosité; et de s'éveiller tard pour l'apercevoir, ne serait-ce qu'un instant. De très loin, souvent, il voyait ces pathétiques êtres venus l'épier sans discrétion aucune, tandis que sonnait l'heure fatale de la nuit. Alors il fuyait. Il fuyait en marchant, de son pas nonchalant et d'une lenteur effarante, malgré le nombre de flashs qui éteignaient le sombre de la nuit. Il ne se pressait jamais car il savait au fond de lui qu'aucun être doté d'une intelligence humaine n'aurait eu l'audace de le suivre. Mais ce matin là, lorsque il sentit les vibrations de mes pas sur cette herbe d'un printemps nocturne, il fut surpris, quoiqu'il ne bougea guère. Je l'approchais, et il m'observait, malgré la noirceur de la ville illuminée par les lucioles du champs noir d'en haut. Il daignait prêter attention aux traits de mon visage. Et j'approchais. Pour la première fois, quelqu'un approcherait du mythe. Cette légende qui parfois fait peur. Enfin, il fut devant moi. Je me rendis compte qu'il n'était personne. Il était comme nous tous, malgré sa différence physique... mais le fait qu'il fut unique le rendait bel et bien semblable aux humains. Il était comme nous...effectivement. Il avait la taille d'un enfant et ses yeux bleus marquaient la même innocence. Ses longs cheveux noirs lui effleuraient les épaules. Son visage était angélique. Je le distinguais parfaitement à présent. Et je ne pourrais dire si son handicap physique n'était qu'une illusion, étant donné qu'il se cachait si bien derrière tant de beauté et de sentiments. Je ne trouvais plus cette différence qui me troublait. Quel était ce détail, qui le différenciait de nous ? Nous nous observâmes jusqu'à la fin de la nuit. Je lus dans ses yeux le roman de ses épopées. Il était un érudit, virtuose au piano, et une vie bien plus extraordinaire que les vôtres ornaient son enveloppe corporelle. J'apprenais tout de lui. Et lorsque le jour se réveilla, la nuit n'eu pas le temps de bâiller qu'il disparaissait. Le temps d'un clignement d'yeux. Je ne saurai jamais qui il fut vraiment. Je savais tout de lui, mais... ça ne pouvait rester graver dans ma mémoire... Il était plus qu'un souvenir que l'ont peut appeler un lendemain. J'entendais parfois les rumeurs de ses passages dans ces villes vidées de vie. Mais plus jamais je ne revécu cette aventure frappante. Cette nuit durant laquelle j'avais rencontré un être innommable. Qui était-il ? Cette créature du bien qui se terrait dans les étoiles, et qui leur offrait de sa lumière ? Qui était-il ? Ce détail, ce handicap... cela le rendait bel et bien inoubliable, mais il restait inconnu, cependant. Je ne fis part de ma rencontre à personne, à l'époque, car je n'aurais su en parler. Il nous voyait, réciproquement, comme des fantômes appeurés, en quête de vérité d'identité. Je me souviens encore de sa beauté, mais son image ne voulait se graver en moi. Il était un coup de vent. Une tempête qui déstabilise nos coeurs, et gêle nos mémoires. C'est pourquoi il était une ombre. Un fantôme de la nuit. Mais surtout, et avant toute chose, il était l'incarnation de tous vos dieux. Je voulais vivre et survivre à ma vie, car les mots de ses yeux m'avaient persuadé. Vraiment. Qui était-il ? Cet être qui ne pouvait parler, à cause de ce détail troublant ? Cet être qui était tout, le monde, et vous aussi. Qui-pouvait-il bien être...? Cette créature divine, née sans bouche...
Elle était Toi. Et moi. Elle était nous tous. Une ombre qui tergiverse en vagabondant, et qui se familiarise avec les lucioles pour aller mieux. Qui fuit ce qui lui fait peur. Elle est le monde. L'univers. La peur. Toi.

Elle était moi.

# Posté le vendredi 17 avril 2009 16:59

Modifié le mercredi 06 mai 2009 12:15

Et lorsque ses cendres se mêlent à vos cris de stupéfaction, son feu se ravigore. Il n'est autre que la mort. En personne. Une mort seule, mais qui, déjà, a oublié cette chienne de vie qui l'a fait souffrir. Une mort qui vie ses nouvelles vies.

Et lorsque ses cendres se mêlent à vos cris de stupéfaction, son feu se ravigore. Il n'est autre que la mort. En personne. Une mort seule, mais qui, déjà, a oublié cette chienne de vie qui l'a fait souffrir. Une mort qui vie ses nouvelles vies.
III- Alone or not alone...

L'éternité a une fin. Cela il l'avait déjà entendu, quelque part dans les abîmes terrestres. Il espérait cette fin. Car dans les couloirs de glace de sa demeure, son ennuie, lui, était sans fin. Il se surprenait cependant à prendre un plaisir incertain à mêler les flammes de ses tourments à toutes les constellations congelées de ces murs grandioses. Mais cette illusion de joie s'effaçait de ses lèvres aussi vite qu'elle s'était dessinée. Car de toute manière, quelque soit la montagne et la glace qui s'y impose, celle-ci finit par fondre, après la marche funèbre de cet être anorexié de la vie. A chaque fois qu'il aperçoit la mort face à lui, il tente de s'éteindre dans les eaux les plus profondes de sa Terre. Mais jamais il ne réussit à s'y noyer, dans ces eaux pures et saines. Seules ses larmes réussissent à le tuer. Il a beau chanter, il a beau oublier ces histoires, il a beau espérer un meilleur jour, mais chaque mort lui offre une nouvelle douleur éternelle et toujours ce fameux souvenir qui le torture... Ce sombre jour durant lequel il fût tombé amoureux du ciel. Dieu avait refusé cet union, alors il commanda au Soleil de brûler vif ce jeune innocent. Le Soleil s'exécuta. Mais la lune, elle aussi amoureuse de cette créature enflammée; malgré les avis des autres lucioles du ciel; décida sur le moment de lui offrir la vie éternelle. Inconsciente petite Lune. En pensant lui offrir le bonheur éternel, elle lui offrit l'éternité prisonnier de ces flammes de haines. Une éternité de douleur intense et intensifiée dans ses débuts. Alors la Lune se rendit compte de son erreur, et elle s'éteignit à jamais. Le soleil, trop orgueilleux par son nouveau pouvoir sur la nuit, qu'il avait pris en otage, gonfla et explosa. Il brûla ainsi la galaxie toute entière, et laissa la Terre enflammée pour toujours, sans homme, sans arbre, sans idée, sans passion, sans rien. Excepté cette douce créature, prisonnière de son châtiment pour l'éternité, en plus de cette solitude sur terre qui s'offrait désormais à elle. Les dieux partirent dans d'autres galaxies, laissant l'être banni seul sur une planète oubliée.
Il avait beau tenté d'oublier cette histoire, l'histoire d'un amour charnel profond qui l'avait fait périr intérieurement, mais le c½ur de glace du Solitaire avait gravé son passé à jamais. D'où provenait ce c½ur qui jamais ne fondait ? Certains disaient que c'était le dernier présent venimeux de la Lune, pour qu'il se souvienne d'elle. Seul, il errait alors dans les profondeurs des volcans, les égouts naturels de la Terre. Tel une larve ayant survécue au temps des dinosaures, il rampait de cette vaine fatigue et de cet ennuie, encore et toujours, qui lui était si familier. Dans les abysses de son c½ur, il entendait sans cesse cette Lune, et les esprits terriens qui lui insufflaient leur haine. Prométhée ressentait-il cette douleur physique, lorsque son foie fut dévoré chaque matin, par ce même oiseau? Un feu brulant éternellement lui aurait infligé une souffrance bien plus atroce, car Prométhée, lui, avait une nuit entière de répit... Et que ressentait ¼dipe, tandis qu'il apprenait qu'il avait tué son père et épousé sa mère? Est-ce pire que d'entendre les lamentations infinies d'humains devenus fantômes et prisonniers de votre c½ur? Certainement que non. La créature aurait aimée être comme Achille, et défier les dieux. Ressentir la jouissance d'une victoire face à Hector, pour venger la mort de son jeune amant... Comme Socrate, elle accepte la mort, publiquement. Mais contrairement à Socrate, la mort n'accepte pas la créature bannie. La mort elle-même a quitté les terres de ce qui fut une planète peuplée. La souffrance de cette chose inhumaine restera immense. Il sera seul, et voguera sur cette triste Terre sans cieux. A jamais, il brûlera pour un amour que jamais, ô grand jamais, il n'oubliera pour la souffrance et la miséricorde qu'il a causé sur terre. Non... Il oubliera cet amour pour la richesse de sa solitude nouvelle. Pour les fruits qui poussent maintenant dans son c½ur, entre deux cadavres...A jamais il sera l'éternité. Lui. Le Ph½nix.

Vos héros ne souffrent pas autant que vous.

# Posté le mercredi 06 mai 2009 09:15

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 11:06

Haunties...

IV- And the Storm kill your brain...... ?

Les fenêtres sont ouvertes. L'ouverture du monde extérieure laisse pénétrer son monde intérieur. Il voyage au sein de cet espace clos, voguant sur ces océans d'eaux impures. Sa camisole l'empêche de percevoir l'espace du troupeau véritable. Il comprend que son intelligence est trop forte pour eux, puis il ferme ses fenêtres, avec la malsaine impression d'être plusieurs dans son unique corps. Ils lui parlent de ce qui est à l'extérieur. Un univers plein d'étoiles, une galaxie riche en couleurs... si sombres. Il rouvre ses fenêtres. Elle est si serrée, sa camisole. Ces chaines l'empêchent d'avancer. Une prison pour les fortunés importunés... L'acier de ces murs, recouverts par cette soie à la couleur du sang. Le sien. Les fenêtres ne se referment plus. Il admet son erreur. L'envie. L'envie d'avoir le droit de penser lui est interdit, en ce lieu infesté d'air. Un air démunis de son oxygène. Ce poison lui est fait inspiré. Ces ombres qui le nourrissent de ces restes d'humains encore vivants. Le cerveau d'un des moutons, de ce sublime troupeau, trop cru à son goût. Il aime cela. Solitude est un mot le désignant particulièrement bien. Il fait un pas en arrière et regarde ces fenêtres. Jamais plus elles ne seront closes. Alors il ouvre ses yeux noircis pas la fatigue et rougis par l'obscurité. Jamais plus il ne reverra la lumière. Condamné à ce qu'ils croient de folie, par ceux qui croient en la folie. Jamais plus il ne pourra exposer ses pensées profondes à l'humanité. Jamais plus il ne le voudra. Le plateau glisse par la porte de sa cellule. Une cellule sans ouverture aucune, excépté le trou du plateau, dans cette porte métalique, le métal surpassé de cette même soie qui est dans son coeur. Seulement cette soie est noire. Le Soleil lui même ne peut parvenir jusqu'à sa prison d'acier. De soie pour ses mains, d'acier pour son crâne ébréché. Sur le plateau est déposé un livre. Son repas. Sa constipation. Sa punition pour avoir su. Il l'attrappe avec ses dents et le dépose avec les sept-cent-soixante-quatre autres. Ainsi il compte les jours. Un jour, Un livre. Il ne lui reste que treize jours à subir cet emprisonnement incensé. Ces livres qu'il ne peut lire est son seul repas mental disponible en ce lieu qu'il aime tant. Mais bientôt il sortira. L'impatience ne se fait plus attendre, et enfin, elle jaillit, ses fenêtres sont ouvertes et laissent passer alors, ce qu'il lui reste d'humain, les sentiments. Comme souvent, pour d'autres raisons confuses; il se fait ressentir par le monde entier. Il montre ce qui leur paraît "folie". Il s'exprime par la brutalité. Il se fait du mal. Ses gardiens, ce jour, entendront à nouveau sa tête frapper les murs d'acier. Telle est sa punition. Il a su. Alors, durant douze jours, il frappa sans arrêt son fébrile corps contre les paroies d'acier de son enclos. Jamais cela n'avait autant duré. Ils s'inquiètent. Leur enveloppe corporelle ne tiendra pas à cette brutalité peu commune à leur maître. Le treizième livre se glisse. Une nouvelle voix l'implore de ne plus se faire mal. Ce matin là; il se lève timidement du sol; comme enchantement, le Soleil apparut. De nouveau ses yeux se fermèrent, ses fenêtres furent éclairées par les rayon de l'humanité. Les autres moutons l'observent et l'éblouissent. Ce midi il s'asseoit; ses treize jours de douleurs causées par l'impatience. L'impatience causée par l'emprisonnement. Il regarde les livres pour la première fois. Sept-cent-soixante-dix-sept... le même nombre de voix qui étaient enfermées dans son crâne. Voilà pourquoi il se libéra. Il les libéra. Devant le troupeau mondial, et divinement, laissant s'échapper les livres de son unique cerveau, il s'écroula. Il voguera désormais dans son sang rougeâtre. Tandis que sa carcasse nue et mutilée éparpille les reste d'organes faisant de ce corps un corps humain, les livres s'évaporent encore, encore, et encore. Les inombrables livres (sept-cent-soixante-dix-sept) traversent son esprit. Les flots de mots incorporent ses os. Il comprend enfin ce qu'était sa nourriture. La vie des autres. Leurs malheurs. Leurs joies. La mort des vivants. Le premier soleil depuis sept-cent-soixante-dix-sept jours lui apparaît. Incertain, comme retiré des autres; le garçon pense se recroqueviller. Son corps ne le suit plus. Ils le regardent. A présent, il est seul, dans sa seule enveloppe. Ces voix douces ne lui parviennent plus. Il est seul. Il devine sa mort approcher, à petits pas. Sans aucun bruit, sans se faire voir de ses prochaines victimes; elle l'observe. Il est beau. La vie des autres l'a nourrit. En effet, cet être humain est différent. Tous ces jours dans l'Enfer du noir, et dans sa douleur physique. Tous ces jours... tous ces jours lui ont appris ce qu'aurait pu être une parcelle de sa vie... si seulement il était parvenu à lire tous ces livres... il aurait su ce qu'il savait. La mort est là; elle s'agenouille. Il lui sourit. Ils croient qu'il est fou. Ils croient que ce sourire leur est addressé. Il change de port. La mort est éblouit par l'obscurité de cet humain. Il la passionne. Tout ce savoir de la vie qu'il n'a pas eu; accumulé au fil du temps se laisse ressortir. La mort pense. La mort aime. Cela faisait fort longtemps qu'elle n'était pas restée aussi intensemment près d'un mortel. Alors; poussée par un de ces incontestés sentiments, la mort embrassa le garçon. Elle le fit périr. Désespérée d'avoir cru pouvoir aimer; pour la première fois, elle pleura. Elle était tombée amoureuse en une fraction de seconde; ce qui n'était rien pour l'immortelle. En une autre fraction de seconde, elle avait à nouveau frappé, mais sans le vouloir. Inutilement, elle a tué. Ainsi elle signa le dernier livre de la prison d'acier; et du sang de cette épave humaine, elle repaignit les cellules de soie sans fenêtres des enclos de la vie. Aussi prompte soit elle, la mort comme la vie n'est qu'un jeu joué en quelques fractions de secondes.
Mort, le savoir ne vous servira plus à rien, vous, troupeaux qui avez tué cet homme, vous qui avez enfermé le berger, pour tenter de vivre en paix.
La sagesse est morte, et ce, depuis la mort de ce garçon.

# Posté le mardi 16 juin 2009 11:59

Modifié le dimanche 05 juillet 2009 14:32