J'oublie, j'efface, je crie, brise, fracasse. Je suis qui, je suis
mon ombre. Je fuis qui, je fuis mon reflet. J'instruis quoi, j'instruis l'idée. Je sais quoi, je sais morfondre. Saccadé mon souffle est. Oublié mon passé, mes pensées. Je me réveille tandis que vous dormez, je m'endors tandis que votre réveil sonne. Je pleure de vous voir rire, je ris de vous voir pleurer. J'oppose l'opposition. Je substitue la substitution. Je cours tandis que vous marchez, vous marchez donc je vous fuis. Vous vous languissez tandis que je m'instruis et je m'instruis tandis que vous pourrissez. Je suis le monde, vous êtes des larves. Je suis quoi, qui, où, comment et pourquoi ? Je ne suis que votre image floutée par le miroir, et réciproquement vous reflétez ma véritable nature. Mange. Nourrie-toi de cette vie. Délecte toi et hume moi ça. Le défunt parfum sans fin d'un humain craint des saints incertains. Je plonge dans ce gouffre, je m'enfouis dans cette tombe. Parlez je m'éteindrai, mourrez je revivrai, sautez je volerai, foutez moi la paix. Je suis qui, je suis le monde. Je suis qui, je suis l'univers. Je suis qui, bon sang, je suis qui. Je suis la vie, je suis la mort, la haine, la crainte, la peur, ton sang, ta veine, ton artère, ton c½ur, l'air, l'ère, ton passé, ton futur, ton destin, ton voyage, ton désir, ton savoir, tes bagages, ta main, ton bras, ta chaire, ta fibre, ton os, ta moelle, je suis toi, lui, elle, eux, je suis la larme, je suis le crie, les pleures, l'herbe, la terre, le vent, le soleil, la pluie, le beau temps, je suis les mots, les maux, la destruction, l'église, l'état, le pouvoir, la manipulation, je suis le concret, l'abstrait, le détritus et son trésor... je suis tout, je suis rien, je suis moi. je suis la tempête ravagée par ces ch½urs qui meurtrissent mon c½ur. Cette animosité de cette Nuit qui sommeil en ce jour de cette nuit qui dors en plein jour de la nuit nuit nuit nuit NUIT. Je suis les voix qui te torturent. Je suis les voix même qui me torturent. J'ai crée tout cela, j'ai crée la vie, la mort et la guerre. Je suis le créateur et le destructeur. Je suis celui à qui on manque, et celui qui se fou des sociétés. Je suis celui qui se tait, pour ne pas t'entendre, je suis celui qui prie pour vous abolir, je suis celui qui construit pour vous démolir, je suis celui qui péris. Parce que à vrai dire il n'est pas grand chose, ce petit homme qui grimpe les marches de ce long escalier. Il n'est pas plus que la fourmi. Il n'est pas vraiment. Il persiste, telle l'araignée qui gigote sous la semelle de votre chaussure. Mais vraiment, il ne vaut pas plus qu'une bataille. Il ne vaux pas plus qu'une paix. Il ne vaut pas assez pour toi. Il ne vaut pas la comparaison. Il ne mérite aucune de ces innombrables addictions réelles et crées. Il gigote sous ta semelle, il tente de soulager ses tords, on se débattant, il gigote encore et encore plaqué au sol, ses membres éparpillés, sa chaire éventrée. Il ne sait plus. Il ne croit plus. Il n'espère plus. Il attend vaguement une vague nouvelle de liberté. Il attend cette même vague qui lui livrera un bonheur nouveau. Qui est-il vraiment, que fait-il ici bas. Nul ne le sait. Il le sût. Il fût. Jadis... Quand la tempête toxique avait encore la force de donner un sens à sa vie. Et là il se réveille, et se rend compte qu'il ne dormait pas. Bonne nuit, tempête, peut-être existeras-tu dans mes profonds cauchemars... Moi, et moi. Moi. Qui ça ? Lui. Qui donc ? Le seul. L'unique. L'étrange. Moi. Lui. Toi. Nous. On ne sait qui. Mais surtout moi, je le craint... Moi...
L'inconnu des oubliés jardins anonymes.